La nuit juste avant les forêts : une performance unique
Présenté dans le cadre du Carrefour International de théâtre, le spectacle La nuit juste avant les forêts donne de l’écho au béton de l’ancien garage Bérubé du chemin Ste-Foy, à Québec. La pièce qui revisite les textes de Bernard-Marie Koltès, est lancée tel un cri d’urgence sans interruption, par Sébastien Richard.
Pendant plus de 45 minutes, le comédien jette la poésie de Koltès sans s’arrêter, sans perdre une once de son intensité. C’est avec tout son corps, son souffle et sa voix qu’il vit les paroles d’un homme qui s’accroche à un étranger pour discuter, et vaincre pendant un instant sa solitude. Le débit rapide et l’enchaînement coulant des phrases ont des allures de rap et peuvent être percutants au départ, mais on s’habitue rapidement à ce rythme tout en se laissant emporter par l’histoire et la beauté du texte. Les émotions du comédien sont pures et les montées d’intensité ne se perdent pas dans le rythme effréné, lequel est même amplifié.

Sébastien Ricard s’incruste dans un coin du garage, à moins de 6 pieds du public. Le regard profond du comédien va chercher directement chacun des spectateurs. L’ambiance est singulièrement intime et se prête parfaitement au texte. L’état du bâtiment et son éclairage naturel rajoutent à cette ambiance mettant brillamment en valeur le jeu de Ricard. Une performance unique et, selon moi, un cadeau de la part du CITQ.
Des photos sont disponibles dans notre section photoreportages ainsi que sur notre page Facebook.
Texte : Alexandra Fiset
Photos : Yves Laroche


