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12 Hommes Rapaillés, émouvante poésie

Le défunt poète Gaston Miron renaît de ses cendres sur la scène du Théâtre-Maisonneuve en ce 17 juin, à travers l’émouvant spectacle Douze Hommes Rapaillés, présenté aux 23e FrancoFolies. Ce sont douze artistes de tous horizons de la musique, mettant en chansons les textes de Miron, dans une mélodie somptueuse et à la grandeur du talent du poète. Lumière sur une renaissance.

Le spectacle commence sur un extrait d’archives, une interview avec Gaston Miron lui-même, parlant avec son franc-parler habituel de son œuvre. C’est comme si le poète était toujours vivant, envahissant la salle de son aura. Quinze ans après sa disparition, Miron vit encore dans le cœur de nos artistes québécois.

On se pose encore la question : comment mettre en musique les mots de ces poèmes, ces mots qui vivent seuls sur papier sans autre support que leur nature même? Une tâche délicate, qu’a su relever avec brio Gilles Bélanger et les Douze Hommes Rapaillés reprenant ces poèmes. Tant de talent pour faire revivre une figure éteinte dont on s’ennuie.

Venant tour à tour au-devant de la scène chanter leurs poèmes, les douze interprètes se sont tout particulièrement succédé en une longue harmonie, plutôt que de faire éclat seuls devant le public conquis. Que ce soit Yann Perrault avec Je marche à toi et sa voix diaphane, Vincent Vallières avec Au sortir du labyrinthe ou encore Richard Séguin et Pour Retrouver Le Monde et L’Amour, tous ont su insuffler leurs personnalités à la poésie de Miron, sans jamais dénaturer celle-ci.

Envolées musicales riches et profondes, ondes vibrantes, ce sont tous les corps qui en l’occurrence résonnaient de l’âme poétique de Miron. C’est toute l’œuvre qui s’en trouve grandie, portée par la musique en une somptueuse et volage énergie. Retrouvant un souffle de vie insoupçonné et puissant, Miron a hanté le Théâtre-Maisonneuve pendant deux heures de spectacle, transportant tout vers un autre monde. Un monde de poésie, sans limites.

Site officiel des FrancoFolies : www.francofolies.com

Texte : Audrey Neveu
Photo : Victor Diaz Lamich / FrancoFolies

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