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Timber Timbre annonce la sortie d’un nouvel album

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La musique de Timber Timbre a toujours tracé un chemin ombragé, fusionnant des parcelles du passé au son d’un présent lointain et hanté. Sur son quatrième album, Sincerely, Future Pollution, la formation prend le son sensuel et morne de l’album Hot Dreams (2014), nommé aux Juno Awards et sur la courte liste du Prix de musique Polaris, et l’enrobe d’une noirceur urbaine. C’est le portrait d’une dystopie étourdissante, ébranlée par la science-fiction de notre époque bien réelle.

Le premier extrait, Sewer Blues, est un groove puissant composé entre autres d’un rythme lourd et pesant, et de synthétiseurs lumineux en trame de fond. Les paroles – presque parlées – de Taylor Kirk semblent émaner des tréfonds de la dégradation citadine et porter par l’atmosphère inquiétante de notre époque difficile. Aujourd’hui, NPR présente en primeur le vidéoclip de Sewer Blues.

Kirk avait ceci à dire au sujet de l’ambiance de Sewer Blues et de l’enregistrement de l’album:

2016 fût une année très difficile à observer. Je déteste admettre que j’exprime habituellement davantage de sensibilité que d’inquiétude, politiquement parlant, mais je pense que le ton de cet album est un mélange de cette grande confusion et de ce chaos total. Quand nous enregistrions, notre prémonition était que les événements que nous avions vus se dérouler n’étaient qu’un coup monté. Mais notre propre satire de la réalité a donné naissance à beaucoup d’idées et de réflexions sombres. Puis tout cela est arrivé pendant que tout le monde était sur Instagram. Les égouts ont débordé.

À paraître le 7 avril via Arts & Crafts, Sincerely, Future Pollution se démarque du reste du catalogue imagé de Timber Timbre, par l’approche unique qu’ont apportée Kirk et ses comparses Mathieu Charbonneau et Simon Trottier au processus habituel d’innovation sonore du groupe. Kirk a écrit les chansons à la fin de 2015 et au début de 2016, puis s’est mis aux arrangements musicaux durant un hiver montréalais « très proactif », travaillant étroitement avec les membres vétérans de Timber Timbre. Kirk explique ici comment Charbonneau et Trottier ont joué un rôle plus intégral dans la création de Sincerely, Future Pollution, en interprétant l’urgence des chansons de façon inattendue:

Mon ébauche solitaire a été laissée dans une forme plus rudimentaire que dans le passé. Pour les albums précédents, j’avais déjà décidé de leur son rendu à ce point-là. J’avais imaginé les arrangements après avoir fait l’esquisse des chansons. Jusqu’aux sons anormaux. Il y avait une vision qui était gérable, en quelque sorte. Cet album était vraiment moins clair et précis, et beaucoup plus complexe. Ce fut compliqué et difficile jusqu’à la fin. Chaque détail semblait, d’une manière ou d’une autre, contre-intuitif.

Pour l’enregistrement, le trio – accompagné de son « arme secrète » Olivier Fairfield à la batterie – s’est rendu au château La Frette situé à l’extérieur de Paris, où il a fait bon usage de la pléiade de synthétiseurs archétypaux du studio pour étoffer les chansons. Que ce soit la liberté d’enregistrer à l’étranger ou la révélation de ces instruments inexplorés, Timber Timbre a réussi à s’affranchir de ses contraintes artistiques et a créé son oeuvre la plus audacieuse jusqu’à présent.

Sur Sincerely, Future Pollution, Timber Timbre documente la dégénérescence et le désordre de cette génération. Avec Kirk comme narrateur prenant part à l’histoire, on se perd dans la folie de la chambre d’écho, étonné par cette ère gothique moderne.

Crédit photo : Caroline Desilets

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