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Martine St-Clair et l’art de raconter la musique

Martine-St-Clair-entrevue-aMartine St-Clair prépare une nouvelle tournée qui s’intitule Ma librairie musicale, qu’elle présentera à son public dès le 28 octobre prochain au Centre d’art La Chapelle de Québec. Après avoir chanté les chansons des muses de Luc Plamondon sur scène durant deux années, l’interprète offrira à son public une tournée pleine de confidences musicales. Elle présentera des succès datant de 1920 jusqu’à aujourd’hui qui ont marqué sa vie. Ses propres succès seront aussi au menu.

QuébecSpot Media s’est entretenu avec cette artiste multidisciplinaire afin de connaître ses multiples projets en cours de préparation. En plus de travailler sur un nouveau spectacle, elle prévoit bientôt offrir au public un parfum à son image. Même si elle ne peut pas encore dévoiler de détails à propos de ce premier parfum, la chanteuse nous dévoile quelques secrets sur ce projet qu’elle qualifie de rêve devenu réalité! On se rend vite compte qu’elle aime se sentir près de ses admirateurs. Elle le répète d’ailleurs à de nombreuses reprises durant l’entrevue, c’est ce qu’elle aime le plus de la vie de tournée : le contact avec la foule…

Pouvez-vous nous décrire votre prochaine tournée?
On est en répétitions en ce moment pour cette nouvelle tournée qui va s’intituler Ma librairie musicale et qui va être comme un voyage. Ce sera un survol de toutes mes inspirations musicales qui ont fait l’artiste que je suis devenue aujourd’hui. Que ce soit de Supertramp à Jean-Pierre Ferland, ces artistes m’ont donné le goût de découvrir la musique quand j’étais jeune.

Donc, c’est un peu un hommage à vos idoles que vous allez faire?
J’utiliserais plus le terme « artiste phare ». Ce sont vraiment les artistes qui ont inspiré celle que je suis aujourd’hui. Par exemple, Véronique Sanson, une des premières femmes à ouvrir la voie aux autres femmes en musique, m’a donné le goût de m’asseoir au piano un jour et de composer avec ma soeur. Ensuite, les albums de Véronique Sanson ont changé ma vie! Dans une carrière c’est comme ça, il y a une rencontre qui change tout, une chanson qui change tout et qui ouvre la porte à un grand public. C’est mon histoire à travers ma librairie musicale. C’est comme si je vous invitais chez moi et je vous disais « Regardez dans ma bibliothèque! Cet album-là, c’est celui qui m’a donné le goût de chanter ». Le jazz, le classique… ce sera un mélange éclectique de chansons!

Qui vous accompagnera lors de cette tournée?
Pour une première fois, nous serons trois sur scène (elle sera accompagnée de Francis Tétu à la guitare et François Dubé au piano). Je souhaite que le public découvre ces grandes chansons que je vais interpréter, mais à l’état pur et de façon dépouillée. La vedette, celle qui sera à l’avant-plan, ce sera la chanson. Il y aura comme instruments du piano, des guitares et moi-même qui jouera peut-être du clavier. Pour l’instant, nous sommes trois sur scène, mais peut-être que plus tard dans les répétitions nous voudrons ajouter des percussions.

Quels artistes vous inspirent en ce moment?
J’ai découvert une chanson de Nirvana, un groupe que je trouve mythique. Mais là, vous allez me dire « Nirvana? Ben voyons Martine! Ce n’est pas vraiment toi… C’est rock ‘n’ roll, punk, alternatif, pop! » La chanson s’appelle Come As You Are (1992) et je l’ai reprise parce qu’un jour j’écoutais la chanson en m’attardant aux paroles. Je me suis dit « Mon dieu! Kurt Cobain était vraiment un grand poète ». Ses tournures de phrases et son côté abstrait dans l’histoire à travers la chanson m’ont donné le goût de chanter cette chanson et d’en faire une version acoustique. Je vais probablement la jouer dans mon prochain spectacle. Il va aussi y avoir de la musique de l’époque du disco comme celle des Bee Gees. Toutes ces grandes chansons me permettent, après 35 ans de carrière, d’aller plus loin et de développer de nouveaux projets.

Votre dernière tournée intitulée « Martine St-Clair chante les femmes de Luc » s’est terminée il y a deux semaines. Que gardez-vous comme meilleur souvenir de ce spectacle?
Porter les mots de Luc Plamondon, des mots qu’il a composés, pour des femmes, des voix féminines. Déjà, c’est extraordinaire de pouvoir les partager avec le public. Par contre, je vous dirais qu’avant tout, que ce qui m’a marquée, c’est de retrouver le public! C’est vraiment un grand bonheur de me retrouver sur scène et chanter dans l’instant présent, c’est-à-dire avoir le public devant soi. C’est quelque chose de faire un album en studio, sur des semaines, des mois et même parfois des années, mais un spectacle, c’est une façon de capter le moment présent et l’énergie présente qui s’offre à nous. C’est aussi un partage, de raconter la femme que je suis où je suis en ce moment et de le partager avec mon public. J’aime maintenant faire des conversations à l’improviste sur scène avec la foule et partager des moments de vie.

Ce grand confort avec le public est-il arrivé avec les années d’expérience?
Oui, mais j’ai aussi appris à me faire confiance. Un jour, je me suis demandée : « Est-ce que j’ai vraiment besoin d’écrire mes textes à l’avance et d’avoir un metteur en scène qui me donne des points d’ancrage? » Je me suis dit « Non, parle avec ton coeur et dis ce qui te vient spontanément ». La journée où je me suis fait confiance, (c’est arrivé beaucoup lors de la dernière tournée), j’ai vu ce que je n’avais pas vu depuis toutes ces années, c’est-à-dire un contact immédiat avec le public. Ça me plaît énormément!

Que pouvez-vous nous dévoiler de votre projet de création d’un premier parfum?
C’est un rêve ce projet qui s’échelonne sur dix années. J’avais mis ce projet de côté et le destin a voulu que je rencontre un parfumeur québécois avec qui j’ai co-créé un parfum. Un jour, je me suis rendu compte que la création d’un parfum est comme une chanson. C’est une composition.

Lorsque j’animais l’émission Beauté du monde à Canal Évasion il y a quelques années, j’avais la tâche d’interviewer de grands parfumeurs internationaux. J’étais entrée dans le laboratoire d’une grande marque de parfum et j’ai vu un orgue formé par des petites bouteilles d’essences sur trois étages. Je n’avais jamais vu cet instrument de musique en parfumerie. La dame que j’interviewais m’a expliqué que c’est de cette façon qu’elle compose un parfum. Il y a la base, le coeur et la tête. Pour moi, sa définition me rappelait les moments où je compose des chansons au piano, je commence par le couplet, le refrain et ensuite le pont. Après cette entrevue, j’ai eu envie de créer mon propre parfum.

Dix ans plus tard, j’ai eu la chance de créer mon parfum. La création a débuté en mai 2016 et elle est maintenant terminée. J’ai créé mon parfum de la même manière que je compose mes chansons. J’ai aussi poussé l’expérience un peu plus loin et composé une chanson en même temps que créer le parfum. Lorsque viendra le temps de présenter mon parfum au public, je vais aussi dévoiler la chanson qui l’accompagne! C’est un petit bout de mon histoire qu’il y a dans le parfum, toutes les essences ont été choisies à travers mes expériences de vie : que ce soit mon départ de jeune fille quand j’ai découvert le parfum Chanel Nº 5 de ma mère, le citron qui me fait penser à l’odeur qui emballait très souvent ma demeure d’enfance où ma mère cuisinait fréquemment des tartes au citron pour notre famille de huit enfants ou la sauge qui est venue protéger ma voix toutes ces années.

Vous avez enregistré dernièrement une chanson qui parle de votre ville, Montréal. Pouvez-vous nous en glisser un mot?
Oui! Je suis en amour avec ma ville et je suis une femme urbaine. On a composé une chanson sur Montréal qui s’appelle La ville de mes amours. C’est une chanson qui peut toucher tout le monde, car chacun a un amour pour sa ville. Nous sommes encore à peaufiner les détails de la chanson.

C’est un titre qui tombe très bien avec le 375e anniversaire de Montréal qui a lieu cette année.
Oui! Tout-à-fait!

Vous êtes aussi une artiste-peintre depuis 12 ans. Aimeriez-vous faire un jour une exposition de vos oeuvres?
Je le souhaite! Quand mon répertoire d’oeuvres sera assez large pour le présenter au grand public, j’aimerais beaucoup.

Vous nous avez parlé de votre expérience en tant qu’animatrice télé au canal Évasion. Est-ce qu’animer à la radio ou à la télé sont des projets que vous aimeriez réaliser dans l’avenir?
J’adore ça! Je suis une grande curieuse et j’aime énormément en apprendre plus sur les autres. J’espère que ce sera un autre volet de ma carrière dans le futur!

Pour rester au courant des actualités sur Martine St-Clair, vous pouvez consulter son site officiel et sa page Facebook.

Les billets pour la première de la tournée Ma librairie musicale, le 28 octobre 2017 au Centre d’art La Chapelle de Québec sont présentement en vente.

Entrevue réalisée par : Julie Houle-Serwatynski
Crédit photo : Martin Brisson

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2 Réponses Pour “Martine St-Clair et l’art de raconter la musique”

  1. Steven Laperriere dit :

    Que c’est intéressant de voir une artiste se ré-inventer et avoir plein de projet! Très belle entrevue avec une Martine passionnée et talentueuse et celle qui possède la plus belle voix du Québec.

    Merci,

    Steven Laperrière

  2. Nicole Thibault dit :

    Félicitations Mme Julie !

    Très bonne entrevue avec beaucoup de contenu. Intéressant de connaître les futurs projets de cette artiste multidisciplinaire et de grand talent qu’est Martine St-Clair femme de passion.

    Merci encore une fois !

    Nicole Thibault

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