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Sévryna Lupien : Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie

Sevryna-Lupien_entrevue-aUn livre qui fait du bien, comme un bain chaud en plein coeur de l’hiver!

Je suis une véritable dévoreuse de livres, mais surtout du noir, du suspense, de l’horreur, de ce genre qui laisse parfois un goût amer dans la bouche une fois le quatrième de couverture refermé. C’est ça mes genres… Alors, lorsque le premier roman de Sévryna Lupien est arrivé sur ma table, je m’y suis lancée sans attente. Au fil des pages, je ne pouvais détourner les yeux de ce petit bijou. J’en suis sortie chamboulée, d’une certaine manière. Et la rencontre avec la jeune auteure a confirmé mon impression : offrez-vous quelques heures de bonheur en sa compagnie!

Sévryna Lupien a un parcours éclectique. Détentrice d’un baccalauréat en arts, elle a toujours écrit des phrases par-ci, par-là, tout en évoluant dans un autre univers artistique, celui des arts visuels. Un jour, elle écrit la phrase « Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie! », et là, c’est le début de quelque chose… « Ça c’est passé comme une épiphanie », souligne sourire aux lèvres Sévryna Lupien. « Cette phrase m’a marquée et puis j’ai écrit presque sans m’arrêter pendant cinq jours. Je ne faisais qu’écrire, sans jamais me relire ». C’est comme ça que la jeune femme a écrit les trois premières parties du livre. « Mais je dois bien avouer que je ne savais pas où j’allais m’en aller avec ça. C’était très spontané comme écriture. Je n’ai que peu fouillé diverses sources pour traiter des différents éléments, comme l’Afrique ou la religion, parce que je souhaitais être la plus proche de mon personnage. Je ne voulais pas que ça sonne littérature en fait ». Son personnage est Auguste, un petit bonhomme dont la naïveté et la candeur n’ont d’égal que son grand coeur. Un petit homme qui part à la conquête du monde… peuplé d’individus qui deviennent ses amis, des amis hors-norme.

Mais une fois le parcours commencé, Sévryna Lupien ne savait plus où emmener son histoire. « Jusque là, je dirais vraiment que je m’étais laissée porter par Auguste, mais là, j’étais vidée. Je ne savais pas comment boucler ma boucle. Je ne voulais pas juste finir l’histoire à la va-vite. J’ai donc décidé de laisser le texte comme ça ». Deux ans plus tard, alors que Sévryna Lupien est au Kentucky pour une résidence en arts visuels, elle trouve le temps de fouiller ses disques durs externes et c’est par hasard qu’elle est retombée sur son écrit. « Et là, après avoir relu ce que j’avais écrit, nouvelle révélation! J’ai eu la même poussée d’écriture et une fois encore, en cinq-six jours, j’ai fini le roman. À ce moment-là, par contre, je me suis obligée à faire des relectures systématiques pour m’assurer que tous les morceaux étaient reliés. Cela faisait tout de même un petit moment que j’avais laissé mon texte en souffrance. Finalement, après deux semaines et demie de travail, tout était interconnecté ».

Certes, la dernière partie est différente des précédentes, mais elle donne toute la beauté au texte. C’est elle qui le porte et qui en fait un petit trésor caché dans un écrin presque inattendu. Elle relie les morceaux tout en offrant un éclairage différent sur un sujet délicat, celui de la maladie mentale. « Je ne voulais surtout pas mettre des phénomènes ou des gens dans des boîtes. Je voulais juste livrer un peu de ma réflexion à travers celle d’Auguste et des autres personnages sur des sujets qui font partie de notre vie, comme la maladie, la religion… ou plutôt les religions », explique l’auteure.

Entrer dans le livre de Sévryna Lupien, c’est comme entrer dans un bain chaud dont on ne veut pas sortir. Espérons que le prochain roman qu’elle nous offrira sera du même acabit… « …même si c’est plus difficile d’écrire complètement libre lorsque l’on sait que des gens vont nous lire », mentionne la jeune femme. Eh oui! avec les lecteurs vient le stress de ne pas les décevoir… Prenez le temps qu’il vous faudra chère Sévryna, laissez l’inspiration s’emparer de vous… et Einstein vous conduira!

Entrevue réalisée par : Christelle Lison

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