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Made In Gaspésie et l’aventure gaspésienne d’Eric John Kaiser

Entrevue avec Eric John Kaiser
Eric John Kaiser, le « French Troubadour » exilé de la France depuis 11 ans et vivant à Portland, en Oregon, était de passage au Québec en mars pour une tournée de lancement de son album Made In Gaspésie sorti le 23 mars dernier. Inspiré par son séjour dans la région gaspésienne, le chanteur nous parle de ses rencontres, de ses inspirations et des histoires qui ont inspiré les chansons de son album.

La genèse de Made In Gaspésie débute en 2015, un an après l’aventure du chanteur pour Idaho, son album précédent paru en 2014 : « Me déplacer est ce que je recherche parce que j’adore voyager et écrire des chansons. […] Je sens que j’ai ce besoin de me déraciner, d’être en mouvement, de voyager pour m’inspirer ». Ce qui explique qu’il ait décidé d’envoyer sa candidature pour une bourse de création au Centre de la francophonie des Amériques. Ayant obtenu la bourse, il séjourne à Petite-Vallée, en Gaspésie, où il fait des rencontres déterminantes : « J’ai eu la chance d’être sélectionné. Ils ont été super et ils m’ont dit qu’ils trouvaient que j’étais un peu tout seul dans l’Oregon pour faire de la chanson! Donc, ça m’a ouvert beaucoup de portes et aidé à me rendre compte qu’il y a beaucoup d’artistes au Canada qui font de la musique et qui chantent en français. Ça m’a permis de rencontrer Guillaume Arsenault et Johny Arsenault et ils ont pu m’aider pour mon album ».

Cette résidence créative a également permis à Eric John Kaiser de participer au festival Village en chanson de Petite-Vallée. Par la suite, un an plus tard, il s’est installé temporairement à Carleton-sur-Mer avec les musiciens folk Guillaume Arsenault et Jonny Arsenault pour la création de Made In Gaspésie. Une expérience qu’il a beaucoup appréciée : « C’était incroyable! Ils ont été vraiment super. Guillaume est un très bon réalisateur et Johny est un guitariste et un arrangeur incroyable. D’ailleurs, j’ai fait beaucoup de dates au Québec avec Jonny, c’était génial ». Pendant l’enregistrement de son album, la dynamique globale et le processus de création lui ont beaucoup plu : « Ce qui a changé depuis mes trois derniers albums, c’est que j’ai enregistré avec des musiciens qui parlent français. On a vraiment pu travailler sur les textes, les histoires. Ça m’a vraiment permis de sortir de ma zone de confort, d’explorer d’autres horizons. C’est ce que je recherchais en venant au Québec ».

Entrevue avec Eric John Kaiser
Dans la même veine, quelles ont été les influences d’Eric John Kaiser pour la création de l’album? « C’est beaucoup de chroniques inspirées de la Gaspésie, des gens que j’y ai rencontrés et aussi de certains personnages », déclare le chanteur. Son style créatif pour ses chansons puise à la fois dans les musiques américaine et française : « En général, j’aime la chanson française, surtout pour les textes : j’aime Aznavour, Jacques Brel ou encore Brassens et sa façon de raconter des histoires, mais en même temps, j’aime la musique plus contemporaine comme Cabrel dont j’aime bien l’écriture. À côté de ça, j’aime bien le son américain : tout ce qui vient du blues ainsi que des guitaristes dont J.J. Cale ou encore Johnny Lee Hooker. J’essaie de faire un mix de toutes ces influences-là ». Ces multiples influences musicales résultent en des chansons durant lesquelles il aime raconter ses récits. Une tradition du folk américain qu’il aime reprendre à son compte : « Ça rejoint mon côté troubadour. J’aime pas mal faire ça, raconter des histoires ».

Pendant l’enregistrement de son album, Eric John Kaiser s’est également laissé séduire par la région de la Gaspésie. « À côté de tout ce qui a entouré l’enregistrement de mon album, il y a la Gaspésie qui est absolument magnifique. C’était très inspirant de ce côté-là aussi. C’est vrai qu’on est passés là-bas avant Montréal, dans un cadre avec le Saint-Laurent et la nature et la baie des Chaleurs ». Mais il n’y avait pas que les paysages qui aient inspiré le chanteur. Les thèmes plus sérieux aussi : « Le processus d’écriture avait un côté chroniques de vie. Par exemple, j’ai écrit une chanson sur le réchauffement climatique qui s’appelle Un éternel été ». Parlant de thématiques sociales et politiques comme le réchauffement climatique, il a tenu à dénoncer les faux-semblants induits par les médias sociaux dans sa chanson Une place au soleil. Un vidéoclip audacieux, réalisé par David Basso, en a d’ailleurs été tiré : « On a poussé exprès le bouchon très loin pour essayer un peu de choquer, mais aussi pour montrer qu’il faut garder un peu de distance et ne pas toujours croire ce qu’on voit. […] Je sais qu’il y a des gens qui ont adoré cette vidéo, d’autres qui ont un peu moins aimé, mais ils m’ont dit que ça les a surtout fait réfléchir ».

Bref, après avoir promu Made In Gaspésie pendant le mois de mars au Québec, Eric John Kaiser est désormais de retour chez lui en Oregon pour entamer une tournée estivale sur la côte ouest des États-Unis. Par la suite, il prendra la route pour la France cet automne. Pour suivre ses activités, rendez-vous sur son site web au www.ericjohnkaiser.com

Crédit photos : Kenton Waltz

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